Histoire érotique : le harnais qu'elle avait choisi
Cinq ans ensemble, deux femmes, un dimanche matin où l'une ose enfin demander. Dans les histoires qu'on lit d'habitude, le harnais arrive déjà sanglé, porté par une femme qui décide seule. Chez nous, il est arrivé dans un carton, après deux soirées à le choisir côte à côte sur le canapé, et c'est en le choisissant que nous avons appris à le porter.
Elle me l'a demandé un dimanche matin
Je m'appelle Inès, j'ai trente-six ans, et je vis avec Maud depuis cinq ans dans un appartement de Nantes dont la chambre donne sur une cour plantée de tilleuls. Maud a trente-neuf ans, elle est kinésithérapeute, elle connaît le corps des autres mieux que personne et elle parle du sien avec une pudeur qui me touche encore. Ce dimanche-là, il pleuvait. Nous avions traîné au lit, le café refroidissait sur la table de nuit, et elle a posé la question en regardant le plafond, comme on parle de la météo.
« Tu as déjà pensé à un harnais ? »
J'ai ri, d'abord, parce que je ne m'y attendais pas, et tout de suite après j'ai vu son visage se fermer d'un cran. Elle croyait que je me moquais. Je me suis tournée vers elle et j'ai posé ma main à plat sur son ventre, là où elle aime que je la pose quand elle a besoin d'être rassurée. « Je ne ris pas de toi. Je ris parce que j'y ai pensé aussi, et que je n'aurais jamais osé le dire la première. »
Nous sommes restées un long moment sans parler. Puis elle m'a raconté ce qu'elle imaginait, et je me suis rendu compte qu'elle n'imaginait pas du tout ce que j'imaginais. Moi, j'avais en tête les scènes qu'on trouve dans les récits en ligne, où une femme arrive dans la pièce déjà harnachée, sûre d'elle, et où l'autre n'a plus qu'à obéir. Elle, elle voulait l'inverse. « Je voudrais que ce soit toi qui le portes, a-t-elle dit. Et que ce soit moi qui décide du rythme. » Elle a ajouté, plus bas : « Et si on n'aime pas, on le range, et on n'en parle plus. »
C'était une phrase simple, et c'est elle qui a tout rendu possible. Nous nous sommes promis ce matin-là trois choses, à voix haute, parce que chez nous les promesses silencieuses ne tiennent jamais : on le choisirait ensemble, personne n'aurait à faire semblant, et le premier « stop » arrêterait tout, sans question et sans vexation.
Deux onglets ouverts sur le canapé
Le soir même, nous avons ouvert l'ordinateur sur le canapé, un plaid sur les genoux, comme on prépare des vacances. J'avais cru que choisir serait une formalité. Ce fut une négociation, drôle et sérieuse à la fois, et je crois que c'est la meilleure conversation que nous ayons eue sur notre sexualité en cinq ans.
Le rayon des godes ceinture nous a d'abord laissées muettes. Des dizaines de modèles, des harnais en cuir, en néoprène, en tissu extensible, des godes réalistes jusqu'aux veines, d'autres lisses et colorés comme des galets. Maud a cliqué sur un modèle très réaliste, puis s'est arrêtée. « Non. Je ne veux pas qu'on imite quelqu'un qui n'est pas là. » J'ai compris exactement ce qu'elle voulait dire. Nous ne cherchions pas à remplacer quoi que ce soit : nous cherchions un objet qui soit à nous deux.
Alors nous avons fait ce que je conseillerais aujourd'hui à n'importe quel couple : nous avons lu. Un article pour choisir un gode-ceinture selon la forme, le harnais, la matière et la taille, puis le guide d'achat du même rayon. Nous y avons appris deux choses qui ont tranché la moitié de nos hésitations. La première : c'est la personne qui reçoit qui choisit la taille, jamais l'autre, puisque c'est son corps qui décide de ce qui est agréable. La seconde : un harnais réglable par boucles s'adapte à des hanches différentes, alors qu'un modèle en tissu extensible tient mieux mais ne se règle pas au centimètre près.
Il restait une question que les guides ne tranchent pas, et qui entre deux femmes se pose autrement : laquelle de nous deux le porterait ? Entre nous, aucun rôle n'était écrit d'avance. Nous en avons parlé plus longtemps que de tout le reste. Maud avait envie de recevoir et de mener ; moi, j'avais envie de découvrir ce que ça fait d'avoir ce poids-là sur les hanches, et un peu peur d'être maladroite. Nous avons décidé que ce serait moi la première fois, et que rien ne nous empêchait d'échanger ensuite. Cette phrase-là, « rien ne nous empêche d'échanger », a enlevé le poids de la décision. Personne ne s'engageait pour toujours ; on s'engageait pour un samedi.
Maud a donc choisi la taille. Elle a hésité entre deux longueurs du même modèle, un silicone lisse, légèrement courbé, et elle a pris la plus courte, douze centimètres et demi. « Pour une première fois, je préfère avoir envie de plus que d'avoir peur de trop. » Moi, j'ai choisi le harnais, puisque c'est moi qui allais le porter : des sangles réglables, une boucle de chaque côté, rien qui frotte à l'intérieur des cuisses. Nous avons regardé les photos de dos, de profil, lu la matière et les dimensions, comparé les diamètres en posant une règle sur la table basse pour se rendre compte de ce que représentaient trois centimètres. Nous avons ri de nous voir si appliquées, penchées sur une règle d'écolière à dix heures du soir.
Au moment de valider le panier, Maud a posé sa main sur la mienne. « Tu es sûre que tu veux le porter, toi ? Tu ne le fais pas pour moi ? » J'ai pris le temps de répondre, parce qu'elle méritait une vraie réponse. « Je le fais pour nous deux. Et j'ai envie de voir ta tête quand tu me diras comment faire. »
La boucle qui ne voulait pas se fermer

Le colis est arrivé un jeudi, neutre, sans aucune inscription, et il est resté trois jours sur le buffet de l'entrée. Ni l'une ni l'autre n'osait l'ouvrir la première. Le samedi, Maud a fini par le poser sur le lit, entre nous, et nous l'avons déballé comme on ouvre un cadeau dont on connaît le contenu mais pas l'effet qu'il fera.
Pendant ces trois jours, le carton a fait son travail sans être ouvert. Je le voyais en rentrant du bureau, posé à côté du bol des clés, et j'y pensais dans le tram le lendemain matin. Maud m'a avoué plus tard qu'elle faisait exactement la même chose, et qu'elle avait failli l'ouvrir seule le vendredi soir avant de se dire que ce serait tricher. L'attente, à deux, avait déjà quelque chose de doux : nous savions toutes les deux ce qu'il y avait dedans, et nous savions que l'autre le savait.
Le silicone était plus doux que ce que j'imaginais, tiède sous les doigts après quelques secondes dans la main. Le harnais, lui, m'a paru d'abord un casse-tête : deux sangles, un anneau, des boucles qui semblaient toutes aller au même endroit. Nous l'avons lavé à l'eau tiède et au savon doux, séché avec une serviette propre, puis j'ai essayé de l'enfiler.
La première boucle a refusé de se fermer. La deuxième s'est fermée à l'envers. Je me suis retrouvée debout au milieu de la chambre, une sangle autour d'une cuisse et l'autre qui pendait, et Maud a éclaté de rire, un vrai fou rire qui lui a fait monter les larmes aux yeux. J'ai failli me vexer, et puis j'ai vu mon reflet dans le miroir de l'armoire et j'ai ri aussi, plus fort qu'elle. On aurait dit une débutante qui s'habille pour un sport dont elle ne connaît pas les règles.
Elle s'est levée, s'est mise à genoux devant moi et a repris les sangles une par une, avec ses gestes de kiné, précis et patients. « Ta hanche droite est un peu plus haute que la gauche, a-t-elle dit. Je te l'ai toujours dit. » Elle a serré, desserré, glissé deux doigts sous chaque sangle pour vérifier que rien ne coupait la peau. Quand elle a eu fini, elle a relevé les yeux vers moi, et le rire avait disparu de son visage. Il restait autre chose, que je connaissais bien.
« Voilà, a-t-elle murmuré. Maintenant, tu es habillée. »
Celle qui porte ne sent rien
Personne ne m'avait prévenue de la chose la plus importante, et je la découvre en l'écrivant : celle qui porte le harnais ne sent presque rien de ce qu'il touche. On le lit pourtant noir sur blanc dans la fiche qui explique comment utiliser un gode ceinture, mais on ne le comprend vraiment qu'une fois le poids de l'objet posé sur ses propres hanches. Je sentais la pression du socle contre mon pubis, la chaleur du corps de Maud contre le mien, sa respiration. Pas le reste. J'étais aveugle au seul endroit où il aurait fallu voir.
Maud l'avait compris avant moi. Elle s'est allongée, a pris le flacon de lubrifiant que nous avions posé sur la table de nuit, un base eau, parce que nous avions lu qu'avec un jouet en silicone c'est le choix qui ne l'abîme pas. Elle en a versé dans le creux de ma main, et elle m'a regardée. « Tu ne sens rien, donc c'est moi qui te guide. D'accord ? »
« D'accord. »
Elle a pris mon poignet et elle a fait le chemin avec moi, lentement, sa main sur la mienne. J'ai découvert qu'on peut être celle qui porte et ne rien diriger du tout, et que c'est là que tout devient beau. Elle me disait « attends », « encore », « plus doucement », et je suivais sa voix comme on suit quelqu'un dans le noir. Je n'avais jamais été aussi attentive à son visage : chaque sourcil qui se fronce, chaque souffle qui se retient devenait une indication, parce que je n'en avais pas d'autre.
Nous avions remis du lubrifiant deux fois. La deuxième, c'est elle qui a ri, en voyant ma concentration. « Tu as l'air de désamorcer une bombe. » Je lui ai répondu que c'était à peu près ce que je ressentais, et nous sommes restées un instant immobiles, front contre front, à rire tout bas, sans nous séparer.
« Attends. Reste là. »
Il y a eu un moment où elle a dit stop. Pas fort, sans dramatiser, juste le mot, comme nous l'avions convenu. Je me suis arrêtée net. Je n'ai pas demandé pourquoi tout de suite ; j'ai attendu, sans bouger, la main posée sur sa hanche, comme on attend dans un escalier que l'autre reprenne son souffle.
« Rien de grave, a-t-elle dit au bout d'un moment. L'angle. Remonte un peu ton bassin. Voilà. Reste là. »
Je suis restée là. C'est la chose que je retiendrai de cette soirée plus que toutes les autres : il n'y a pas eu de panne, pas de gêne, pas de moment où l'on fait semblant. Un mot, un réglage, et nous avons repris là où nous en étions, plus proches qu'avant l'arrêt. Dans les récits que j'avais lus, personne ne s'arrête jamais. On dirait que s'arrêter serait un échec. Chez nous, c'est le « stop » qui a rendu le reste possible, parce qu'il prouvait que l'autre écoutait.
Le reste de la soirée ne regarde que nous deux et la pluie sur les tilleuls de la cour. Je dirai seulement que Maud a pris les commandes du rythme, qu'elle a guidé mon bassin des deux mains, et qu'à la fin elle a ri encore, d'un rire différent, essoufflé, en me disant que la boucle de gauche s'était desserrée depuis longtemps et qu'elle ne m'avait rien dit pour ne pas tout interrompre.
« À ton tour », a-t-elle dit

Le lendemain matin, au petit-déjeuner, elle a posé sa tasse et m'a regardée avec cet air qu'elle prend quand elle a déjà décidé. « La prochaine fois, c'est moi qui le porte. Je veux savoir ce que ça fait de ne rien sentir et de tout regarder. »
Nous avons échangé les rôles la semaine suivante. Il a fallu régler de nouveau toutes les sangles, puisque ses hanches ne sont pas les miennes, et cette fois c'est moi qui me suis agenouillée pour vérifier, deux doigts sous chaque boucle. J'ai découvert l'autre côté : la liberté de recevoir sans rien avoir à réussir, et le plaisir de dire à quelqu'un « là, exactement là » et d'être obéie avec tendresse. Maud portait le harnais comme elle fait tout, avec une concentration d'artisan, et je l'ai trouvée plus désirable que jamais.
Avant d'échanger, nous nous étions posé une question très concrète, que personne ne se pose dans les histoires : un objet qui passe d'un corps à l'autre se lave entre les deux. Nous avions pris l'habitude simple de le rincer à l'eau tiède et au savon doux avant de changer de rôle, et, les soirs où nous ne voulions pas interrompre, d'y dérouler un préservatif neuf à chaque changement. Ce n'est pas romantique à écrire. Mais c'est exactement ce genre de détail réglé d'avance qui nous a permis, le moment venu, de ne penser à rien d'autre qu'à nous.
Ce soir-là, c'est elle qui a demandé : « Tu veux toujours ? » alors que j'avais déjà dit oui trois fois. J'ai compris qu'elle posait la question pour elle autant que pour moi, pour s'entendre dire qu'elle avait le droit de continuer. Je lui ai répondu oui une quatrième fois, en la regardant, et elle a souri comme si c'était la première.
C'est en parlant de cette asymétrie, un soir, qu'elle a eu l'idée suivante. « Ce qui me manque, quand je le porte, c'est de sentir quelque chose moi aussi. » Nous sommes retournées sur le canapé, l'ordinateur ouvert, et nous avons découvert qu'il existait des modèles pensés exactement pour ça : des godes sans harnais, qu'on appelle strapless, dont une extrémité se tient à l'intérieur de celle qui porte, ou des harnais à double gode. Celle qui porte n'y est plus aveugle. Nous avons de nouveau choisi ensemble, de nouveau lu les dimensions, de nouveau ri, et cette fois nous savions que choisir faisait déjà partie du jeu.
Je ne dirai pas lequel nous préférons. Nous ne sommes pas d'accord, et c'est très bien ainsi : ça nous donne une raison de recommencer à tour de rôle.
Le harnais rangé dans une boîte à chaussures
Aujourd'hui, le harnais vit dans une boîte à chaussures, en haut de l'armoire, avec un flacon de lubrifiant et une petite serviette. Après chaque usage, nous le lavons à l'eau tiède et au savon doux, nous le laissons sécher à l'air avant de le ranger, et nous ne le laissons jamais au contact d'un autre jouet en silicone : c'est un conseil que nous avons trouvé en lisant comment nettoyer et entretenir ses sextoys sans les abîmer, et nous avons appris à nos dépens qu'il était juste, sur un vieux jouet devenu collant.
Le rayon des sextoys pour couple lesbien est devenu une sorte de carnet d'idées que nous ouvrons de temps en temps, le dimanche matin quand il pleut, sans forcément acheter. Ce n'est plus le catalogue d'un fantasme : c'est un endroit où nous nous parlons.
Maud me demande parfois si j'ai des regrets, si j'aurais préféré qu'elle arrive un soir dans la chambre, sûre d'elle, harnachée, comme dans les histoires que je lisais avant. Je lui réponds toujours la même chose. Ce qui m'a troublée, ce n'est pas l'objet. C'est sa main sur mon poignet, son « d'accord ? », et sa manière de rire quand la boucle refusait de se fermer. L'objet, n'importe qui peut l'acheter. Ça, il a fallu le choisir.
On croit qu'un harnais se porte. Nous avons découvert qu'il se choisit, se règle et se prête — et que chacune de ces étapes, faite à deux, est déjà une caresse.
À lire ensuite
Ce qu'on choisit à deux, avant la première fois
Un harnais qui se règle, un gode dont la taille est décidée par celle qui le reçoit, et un lubrifiant base eau à portée de main : le reste est une conversation. Voir les godes ceinture ou les lubrifiants.
Questions fréquentes
Qui porte le harnais dans un couple de femmes ?
Aucune règle ne l'impose. Entre deux femmes, aucun rôle n'est écrit d'avance : on en parle, on choisit qui commence, et rien n'empêche d'échanger ensuite. Beaucoup de couples trouvent justement leur plaisir dans l'alternance. Le seul critère utile est l'envie de chacune ce soir-là, dite à voix haute avant de commencer, sans que l'une se sente obligée de tenir un rôle pour faire plaisir à l'autre.
Comment choisir la taille d'un gode ceinture à deux ?
C'est la partenaire qui va recevoir qui choisit la taille, puisque c'est son corps qui décide de ce qui est agréable. Pour une première fois, un modèle court et fin en silicone lisse est le plus sûr : mieux vaut avoir envie de plus que d'avoir peur de trop. Comparez le diamètre plutôt que la longueur, et posez une règle sur la table pour visualiser les centimètres annoncés.
Pourquoi celle qui porte un gode ceinture ne sent-elle presque rien ?
Parce que le gode est un objet rigide fixé sur un socle : la personne qui le porte sent la pression du harnais sur son pubis et le contact du corps de sa partenaire, mais pas ce que touche le gode. C'est pour cette raison que la partenaire qui reçoit guide le rythme et l'angle. Certains modèles sans harnais ou à double gode ont une extrémité intérieure pour que celle qui porte ressente aussi.
Quel lubrifiant utiliser avec un gode ceinture en silicone ?
Un lubrifiant à base d'eau. Il convient à tous les jouets, y compris en silicone, se rince facilement et reste compatible avec les préservatifs. Les lubrifiants à base de silicone peuvent abîmer la surface d'un jouet en silicone, et les huiles fragilisent le latex. Prévoyez-en généreusement et remettez-en en cours de route : un gode ne produit aucune lubrification, et le confort de celle qui reçoit en dépend directement.
Comment nettoyer un gode ceinture partagé entre deux partenaires ?
Lavez le gode à l'eau tiède et au savon doux avant et après chaque usage, puis laissez-le sécher à l'air avant de le ranger. Quand les deux partenaires l'utilisent à tour de rôle dans la même soirée, on le rince entre les deux ou l'on déroule un préservatif neuf à chaque changement. Rangez-le à part, sans contact avec un autre jouet en silicone, qui pourrait coller à sa surface.
Qu'est-ce qu'un gode sans harnais, ou strapless ?
C'est un gode double sans sangles : une extrémité courte et courbée se garde à l'intérieur de celle qui le porte, maintenue par ses muscles, et l'autre extrémité sert à sa partenaire. Contrairement au gode ceinture classique, la personne qui porte ressent donc aussi quelque chose. Il demande un peu d'entraînement pour tenir en place, et les modèles à harnais double offrent une alternative plus stable.
Comment convenir d'un mot d'arrêt avec sa partenaire ?
Choisissez-le avant de commencer, à froid, et dites-le à voix haute : un mot simple comme « stop » suffit, à condition que les deux partenaires s'engagent à tout arrêter aussitôt, sans question ni vexation. S'arrêter n'est pas un échec : c'est souvent un simple réglage d'angle ou de rythme, après lequel on reprend. C'est la certitude d'être écoutée qui permet de se laisser aller.






