Histoire érotique au camping : cinquante mètres jusqu'au robinet

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Histoire érotique au camping : cinquante mètres jusqu'au robinet

Nous sommes partis un vendredi de la mi-octobre, dans un camping qui fermait trois semaines plus tard, avec une tente de deux places et deux duvets qu'on peut zipper ensemble. Ce que je n'avais pas prévu, et que personne ne prévoit, c'est que le désir arrive très vite sous une toile et qu'il ne laisse aucune place à ce qui vient après. Dans un appartement, après, on fait trois pas. Là, il y avait cinquante mètres.

Octobre, et un terrain qui ne se vide jamais

Nous sommes arrivés à dix-sept heures quarante, avec cette lumière de mi-octobre qui tombe d'un coup et qui fait qu'on monte une tente plus vite qu'on ne l'aurait fait en juillet. Le gardien nous a donné l'emplacement quarante-deux, tout au bout de l'allée du fond, et il a ajouté la phrase qu'il devait répéter quarante fois par jour : silence de vingt-deux heures à sept heures, sanitaires ouverts de sept heures à vingt-trois heures, conteneurs à l'entrée.

Je lui ai demandé s'il restait beaucoup de monde. Il a eu un geste vague vers le terrain et il a dit : neuf.

Neuf emplacements occupés sur plus de cent. J'avais, en montant les arceaux, la certitude tranquille d'avoir trouvé la solution à un problème que je n'avais même pas formulé : hors saison, un camping est vide, donc on y est seuls, donc tout y est possible. Il m'a fallu environ une heure pour comprendre que c'était faux.

Un camping ne se vide pas. Il se clairsème, ce qui n'est pas du tout la même chose. À trente mètres de nous, un camping-car immatriculé dans le Nord avait sorti une table, deux chaises et un auvent, et ses occupants ont dîné dehors à dix-neuf heures avec la radio allumée sur une station de variété. Plus loin, un couple de randonneurs faisait sécher des chaussettes sur un hauban. Le gardien est passé deux fois dans l'allée avec une lampe. À vingt et une heures, il y avait beaucoup moins de monde qu'en août, et il y avait toujours quelqu'un dehors.

Le reste était une affaire de degrés. Il faisait onze au coucher du soleil, il en ferait six vers quatre heures du matin, et nous le savions parce que nous avions regardé avant de partir et que nous avions pris les duvets qui vont avec. Deux matelas gonflables posés côte à côte sur le tapis de sol, deux duvets zippés ensemble, un bidon de cinq litres rempli au robinet du bloc, une lampe frontale chacun, un réchaud à gaz et deux gamelles. C'est tout ce qu'il y a dans une tente, et c'est tout ce qu'il y aurait pour la nuit : ce qui n'était pas dans le coffre n'existait pas.

Ce que j'avais mis dans la trousse, et pourquoi

Une table de camping en plastique au soleil couchant, un sac en toile ouvert derrière, et quatre objets posés dessus : un sachet de gelée lubrifiante Pasante à plat, un œuf vibrant Coverme avec sa télécommande et un spray nettoyant Lelo.
Ce qui tient dans un sac : un sachet de gelée lubrifiante, un œuf vibrant avec sa télécommande, un flacon de nettoyant. Trois objets choisis pour une seule raison — aucun ne réclame de robinet.

La veille au soir, chez moi, le grand sac ouvert sur le lit, j'ai fait quelque chose que je n'avais jamais fait pour un week-end : j'ai préparé une pochette à part.

Pas la trousse de toilette. Une pochette zippée de la taille d'une main, rangée dans la poche latérale du sac, qui ne contenait rien d'autre que ce dont je ne voulais pas avoir à parler le moment venu. Je ne l'ai pas fait par manie de l'organisation. Je l'ai fait à cause d'un raisonnement très simple, qui m'est venu en pliant un pull et qui vaut pour tous les week-ends sous tente : dans un appartement, ce qu'on n'a pas, on va le chercher — il y a une pharmacie à deux rues, un placard, une salle de bain, un robinet. En camping, ce qu'on n'a pas, on ne l'a pas.

Il y avait donc dans cette pochette trois choses, et chacune avait sa raison.

Des sachets scellés de lubrifiant, et non un flacon. Un flacon de cinquante millilitres dans un sac de soixante litres qu'on couche dans un coffre, c'est un flacon qui finit par s'ouvrir au milieu des affaires propres. Un sachet unitaire ne se referme pas, puisqu'il ne s'ouvre qu'une fois. Et j'avais choisi un lubrifiant à base d'eau plutôt qu'un autre, pour une raison qui n'a rien à voir avec la sensation : ce qui part à l'eau claire part aussi avec une lingette, et j'allais avoir besoin que les choses partent sans eau courante.

Des préservatifs, six, dans leur étui de carton. Six, et pas une boîte de cent quarante-quatre : d'abord parce qu'une grande boîte ne tient pas dans une pochette de la taille d'une main, ensuite parce qu'elle pose une question que personne ne se pose à la maison. Une fois utilisé, où est-ce que je le mets ? Cette question a une réponse, et nous verrons qu'elle se trouve à cinquante mètres.

Et un objet, un seul, choisi dans le rayon des modèles compacts — non pas pour la discrétion du regard, qui ne voulait rien dire sur un terrain à neuf occupants, mais pour deux contraintes bien plus bornées. La première est le volume : un sac de week-end se charge debout, et tout ce qui est long se couche en travers. La seconde est l'électricité. Il y a deux prises à l'accueil, payantes, et une borne sur les emplacements qu'on réserve à l'avance, ce que nous n'avions pas fait. Donc une pile, ou rien.

J'ai fermé la pochette, je l'ai glissée dans la poche latérale, et je n'y ai plus pensé jusqu'au vendredi soir. C'était exactement le but.

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12,2 cm sur une chaîne : il se porte, il ne se range pasStimulateur Clitoridien de Poche Collier 12 Modes — Ibiza Technology34,95 €

Cinquante mètres jusqu'au robinet

Je les ai comptés, le vendredi, en allant remplir le bidon. Soixante-deux pas de l'emplacement quarante-deux à la porte du bloc sanitaire, ce qui fait à peu près cinquante mètres d'allée en gravier qui craque sous chaque pied, et qui craque d'autant plus fort qu'il n'y a personne pour couvrir le bruit.

Le bloc est un bâtiment de parpaing peint en blanc, avec quatre douches, six lavabos, deux néons au plafond dont un qui clignote, et une minuterie qui s'éteint au bout de trois minutes. C'est le seul endroit du terrain où il y a de l'eau chaude. Il existe bien un autre robinet, celui des bacs à vaisselle, à une quarantaine de mètres dans l'autre sens, mais c'est de l'eau froide et c'est en plein passage.

En additionnant ces deux faits — l'eau est là-bas, et l'allée craque — on obtient la règle qui a organisé tout le week-end sans que nous l'ayons jamais décidée : sur un emplacement de camping, tout ce qui demande de l'eau demande de sortir, de se rhabiller, de traverser le terrain, et d'être vu en train de le traverser.

Nous en avons parlé dans la voiture, le vendredi matin, sur les deux dernières heures de route. Pas par goût de l'anticipation romanesque : parce que l'habitacle d'une voiture a été, pendant tout ce week-end, le seul endroit où nous avons été vraiment seuls et vraiment couverts par un bruit de fond. Une tente n'offre ni l'un ni l'autre. On ne peut pas s'éloigner de trois mètres pour se parler à voix basse quand les trois mètres sont dehors et que dehors il y a un auvent éclairé.

Ce que nous avons dit tenait en deux phrases, et il n'y a eu ni contrat ni cérémonie. Nous avons convenu de ce que nous ferions de cette nuit, et nous avons convenu que l'un ou l'autre pouvait dire non, finalement, sans que cela demande une explication. Je ne m'attarde pas : cette conversation n'est pas le sujet de ce qui suit. Elle a seulement eu lieu dans la voiture, et pas sous la tente, parce que la tente ne l'aurait pas permise.

La tente d'à côté

À vingt et une heures quarante, la radio du camping-car s'est arrêtée. On a entendu une porte coulissante, deux voix qui se répondaient sans qu'on distingue les mots, un chien qui s'ébrouait, et plus rien.

Et nous avons compris, dans le silence qui a suivi, que nous chuchotions depuis vingt minutes.

Personne ne nous l'avait demandé. Nous ne nous l'étions pas dit. Une toile de tente ne renvoie rien du tout — c'est une membrane, pas un mur, elle laisse passer le son dans les deux sens et exactement de la même façon — et le corps en tire ses conclusions tout seul, avant la tête. Ce qui m'a surprise, ce n'est pas d'avoir baissé la voix. C'est de découvrir qu'on peut parler très bas très longtemps sans que cela coûte quoi que ce soit, et que le murmure n'est pas une contrainte subie mais un registre, au même titre qu'un autre.

Restait une question plus concrète : ce qui fait du bruit sous une tente n'est pas la voix. C'est le matelas gonflable, dont la toile craque à chaque appui comme un sac de courses, et c'est l'objet, s'il y en a un. Pour le matelas, nous avons fait la seule chose qui marche : nous avons posé les duvets à plat sur le tapis de sol, ce qui est moins confortable, nettement plus dur aux hanches, et parfaitement silencieux. Je le note parce que personne ne le note jamais : un sol de camping est dur, et trois centimètres de duvet ne corrigent pas un sol.

Pour l'objet, j'avais regardé avant de partir ce que les fiches annoncent en décibels, et ce qu'en dit le comparatif des modèles les plus silencieux — parce qu'une toile de tente est le mur le plus mince qui existe, et que ce qui s'entend à peine dans une chambre s'entend très bien à travers une membrane de nylon. Les chiffres existent, ils sont publiés par les fabricants, et ils varient du simple au double selon les modèles.

Le vrai avantage, nous ne l'avions pas anticipé. Un objet qui se pilote à distance remplace une phrase. Dans une chambre, on dit plus fort, ou moins fort. Sous une tente, à trente mètres d'un auvent éclairé, on tourne une molette, et la personne qui la tourne n'a rien à dire du tout. Le son que nous avions à gérer n'était pas celui de l'appareil. C'était celui des mots qu'il nous évitait de prononcer.

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Moins de 50 dB annoncés, et une télécommande au lieu d'une phraseŒuf Vibrant Lapi Télécommande 12 Modes Silencieux — Coverme54,95 €
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Et après, on va où ?

Il était vingt-trois heures quinze.

Je donne l'heure parce qu'elle est le centre de cette histoire. À vingt-trois heures, le bloc sanitaire ferme. Nous avions donc un quart d'heure de retard sur la seule porte du terrain derrière laquelle il y avait de l'eau chaude, un lavabo, une poubelle et un verrou.

Voilà ce que fait, à ce moment-là, quelqu'un qui est chez lui. Il se lève, il fait trois pas, il pousse une porte, il ouvre un robinet, il jette ce qu'il y a à jeter dans une poubelle qui est là, il se passe de l'eau, il revient. L'opération prend trente secondes, elle ne demande aucune décision, et c'est pour cela que personne n'en parle jamais : elle est invisible tant qu'elle est possible.

Voilà ce qu'il faut faire quand on est sous une tente, à vingt-trois heures quinze, par six degrés. Se rhabiller entièrement, retrouver ses chaussures dans l'abside, ouvrir une fermeture éclair dont le bruit s'entend à trente mètres, sortir, marcher soixante-deux pas sur du gravier, et constater que la porte est fermée à clé.

Faites l'inventaire de ce qui manque, et vous avez le portrait exact d'un emplacement de camping. Il n'y a pas de serrure : il y a une fermeture éclair, qui se ferme de l'intérieur comme de l'extérieur et qui n'arrête personne. Il n'y a pas de salle de bain. Il n'y a pas de poubelle sur l'emplacement — les conteneurs sont à l'entrée, c'est-à-dire à l'autre bout. Il n'y a pas de robinet. Et il n'y a pas de deuxième pièce, ce qui est le point le plus étrange de tous : sous une tente de deux places, personne ne peut être seul une minute. Pas pour se cacher. Simplement pour avoir une minute.

Dans les récits de camping que j'ai lus depuis, et j'en ai lu, on s'arrête au moment où tout commence. Le lendemain arrive au paragraphe suivant comme si rien ne s'était passé entre les deux. Or il se passe précisément ceci : plus personne n'a de porte, plus personne n'a d'eau, et il reste à vivre côte à côte dans quatre mètres carrés de toile pendant les huit heures qui suivent.

Ce n'est pas une question de pudeur. C'est une question de logistique, et la logistique, elle, se prépare.

Ce que nous avons fini par appeler la pochette du bas : ce qui s'essuie sans eau, ce qui se jette sans poubelle, et ce qui se range sans avoir été lavé. Trois fonctions, trois objets, et la seule partie du sac qui ait vraiment changé notre façon de camper.

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Ce qui s'essuie, ce qui se jette, ce qui se range

Le plan de toilette d'un bloc sanitaire de camping la nuit, surface humide et chiffon gris plié, avec un flacon de nettoyant pour sextoys Eros posé dessus.
Le bloc sanitaire, le lendemain soir, avant la fermeture. Un flacon et un chiffon : c'est tout ce qu'il faut quand on n'a pas de salle de bain à soi.

J'ai cherché, avant ce week-end, ce que disent les notices des produits d'entretien, et j'y ai trouvé une chose qui m'a sincèrement étonnée. La grande majorité d'entre eux suppose un point d'eau : on applique, on laisse agir, on rince. C'est écrit noir sur blanc, et c'est parfaitement raisonnable dans une salle de bain. Une poignée de références seulement, sur l'ensemble du rayon de l'entretien, écrit explicitement qu'aucun rinçage n'est nécessaire et qu'un chiffon propre suffit.

Cette poignée-là est la seule qui fonctionne à cinquante mètres d'un robinet. Je ne l'avais pas compris en l'achetant ; je l'ai compris le samedi matin.

Sur le principe, j'avais relu comment on nettoie réellement un objet intime plutôt que d'improviser, et il y avait deux points que je faisais mal depuis des années : le séchage, et le rangement séparé, dont personne ne parle et qui règle la moitié du problème. Sous une tente, ces deux points cessent d'être des détails de confort. Ils deviennent la condition pour que l'objet soit utilisable une deuxième fois le lendemain soir, puisqu'il n'y aura pas davantage d'eau le lendemain soir.

Pour ce qui se jette, la réponse est moins élégante et plus utile : un petit sac poubelle de dix litres, noué, rangé dans la poche extérieure de la tente, porté au conteneur le matin. Pas la nuit. Traverser un terrain à minuit avec un sac à la main, c'est exactement le genre de scène qui finit en anecdote racontée par le voisin. Et c'est au fond le seul argument vraiment sérieux en faveur des préservatifs dans ce contexte précis : on les jette, on ne lave rien.

Pour ce qui s'essuie, une serviette microfibre de la taille d'un mouchoir, à part, qui sèche en une heure et qui s'étend sur un hauban au matin sans que cela dise quoi que ce soit à personne. Pas la serviette de douche. Une serviette de douche humide dans une tente à six degrés ne sèche pas, et au troisième jour on le sait.

Pour ce qui se range, deux pochettes, et c'est le seul point sur lequel j'ai improvisé : une pour ce qui est propre, une pour ce qui ne l'est pas encore. Ce n'est pas élégant. C'est la seule chose qui ait fonctionné du premier coup.

Le lendemain, à la table de camping

Le samedi matin, il y avait cette condensation qui tombe en pluie fine quand on touche la toile de l'intérieur, cinq degrés sur le thermomètre accroché à l'arceau, et quarante minutes à attendre que l'eau chauffe sur un réchaud à gaz qui ne chauffe pas vite.

Alors nous avons parlé, assis sur deux chaises pliantes, les mains autour de deux gobelets en inox.

Pas ce « ça va ? » qui ne demande pas de réponse. Trois choses, dites dans l'ordre où elles venaient. Ce qui avait marché. Ce qui avait été franchement inconfortable, en l'occurrence le sol, et dont nous avons ri parce qu'aucun des deux n'avait voulu le dire la veille. Et ce que nous ferions différemment le soir même, ce qui s'est résumé, après discussion, à passer au bloc avant vingt-trois heures.

Je ne crois pas une seconde que nous aurions eu cette conversation chez moi. Chez moi, le samedi matin, l'un se lève avant l'autre, il y a un couloir, une porte de salle de bain, une machine à café qui prend trente secondes, et surtout il y a de quoi s'occuper les mains. On se croise, on se sourit, et la chose n'est jamais dite.

Un camping, lui, ne laisse rien à faire. Il n'y a pas de couloir où se croiser, pas de pièce où se réfugier, pas de café instantané. Il y a deux chaises, un réchaud, quarante minutes, et la personne avec qui on a passé la nuit, assise à quatre-vingts centimètres. L'absence d'après, qui est la contrainte de toute cette histoire, produit aussi cela : elle rend la conversation du lendemain inévitable, et c'est le seul de ses effets dont je lui sois reconnaissante.

Les retraités du camping-car nous ont salués vers neuf heures, en partant marcher. Le gardien a lavé l'allée au jet. Nous sommes restés trois nuits, et le dimanche soir la pochette du bas était devenue une évidence, comme la lampe frontale ou le bidon de cinq litres : un objet de camping parmi les autres, qu'on prend sans y penser et dont on ne se demande plus pourquoi il est là.

FIN

À lire ensuite

Alvaro Benitez, rédacteur bien-être intime chez Intimae

À propos de l'auteur · Alvaro Benitez

Rédacteur bien-être intime chez Intimae

Alvaro écrit les guides et les récits d'Intimae. Les histoires publiées ici sont des fictions : les personnages et les situations sont inventés, les objets qui y apparaissent sont réels et viennent du catalogue de la boutique.

Envie d'un week-end sous tente sans mauvaise surprise ?

Rien de ce que raconte ce week-end ne tient à une marque. Mais trois choses ne s'improvisent pas sur un emplacement : le format de ce qu'on emporte, l'alimentation de ce qu'on allume, et un produit dont la notice n'exige aucun rinçage. Voir le guide du nettoyage ou le rayon de l'entretien.

Questions fréquentes

Comment se laver après un rapport quand il n'y a pas d'eau sur l'emplacement ?

En ayant prévu de quoi ne pas avoir à y aller. Sur un emplacement de camping, le point d'eau est au bloc sanitaire, souvent à plusieurs dizaines de mètres, et ce bloc ferme la nuit dans la plupart des terrains. Une serviette microfibre de la taille d'un mouchoir, gardée à part de la trousse de toilette, et de quoi s'essuyer règlent la question sur place. Le passage au bloc se fait alors le matin, par confort et non par nécessité.

Comment nettoyer un objet intime en camping, sans robinet ?

En choisissant un produit dont la notice n'exige aucun rinçage. La grande majorité des nettoyants s'emploie en trois temps — on applique, on laisse agir, on rince — ce qui suppose un lavabo. Une poignée de références seulement précise qu'un chiffon propre suffit et qu'aucun rinçage n'est nécessaire : ce sont les seules utilisables à cinquante mètres d'un point d'eau. Vérifiez la mention sur l'étiquette avant de partir, pas sur place.

Comment être tranquille sous une tente alors qu'on entend tout ?

En acceptant que la toile ne soit pas un mur et en jouant sur ce qui fait réellement du bruit. Une membrane de nylon laisse passer le son dans les deux sens, donc le murmure n'est pas une contrainte mais un registre. Le bruit vient surtout d'ailleurs : un matelas gonflable craque à chaque appui, et le poser au sol sur un tapis règle le problème. Un appareil piloté à distance, lui, remplace une phrase prononcée à voix haute.

Quel accessoire choisir pour un séjour sous tente ?

Celui qui fonctionne sans prise et qui s'annonce en décibels. Les terrains ne proposent l'électricité que sur les emplacements réservés à l'avance, et l'accueil n'a souvent que deux prises payantes : un modèle sur pile reste utilisable trois nuits, un modèle rechargeable par USB dépend d'une borne. Pour le bruit, les fabricants publient des valeurs qui varient du simple au double, et une toile de tente est le mur le plus mince qui existe.

Que faire d'un préservatif usagé sur un emplacement de camping ?

Le mettre dans un petit sac fermé, gardé sur l'emplacement, et le porter au conteneur le lendemain matin. Un emplacement n'a pas de poubelle : les conteneurs sont à l'entrée du terrain, c'est-à-dire à l'autre bout. Un sac de dix litres noué dans la poche extérieure de la tente évite la traversée nocturne, et c'est au fond le seul vrai avantage du préservatif dans ce contexte précis : on le jette, on ne lave rien.

Quel lubrifiant emporter en camping ?

Un lubrifiant à base d'eau, en sachets unitaires plutôt qu'en flacon. Le format compte pour deux raisons matérielles : un sachet scellé ne s'ouvre qu'une fois, donc il ne fuit pas dans un sac couché dans un coffre, et il pèse quelques grammes. La base eau compte pour une troisième : ce qui part à l'eau claire part aussi avec une lingette, ce qui est exactement la contrainte d'un emplacement sans point d'eau.